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MARCHé




Chronique d’une mort annoncée, celle des réparateurs indépendants après le coup de balai de la prime à la casse sur les véhicules anciens. Le Gipa atténue significativement les faits avec des chiffres et des estimations qui contrebalancent la donne. Le parc roulant français a augmenté de 1,1 % en 2009 et 1,9% en 2010. Normal, 1 154 074 véhicules flambants neufs ont débarqués sur le marché en 2 ans. Ainsi aujourd’hui, on compte 30,72 millions de véhicules particuliers, soit 500 000 de plus qu’il y a deux ans. Parallèlement, sur le gros million de véhicules envoyés à la casse, 55 % avaient entre 10 et 15 ans, 14 % avaient 20 ans ou plus. Et malgré cette purge et le sang neuf, le parc roulant n’a pas rajeuni drastiquement : 8,8 ans en moyenne, contre 8,9 ans il y a deux ans. Fin mars 2011, il y avait toujours 39% de véhicules de plus de 16 ans sur les routes et 61% qui oscillaient entre 10 et 15 ans ! « Nous avons le parc le plus âgé de l’Europe de l’Ouest », indique Eric Devos, directeur général du Gipa (Groupement interprofessionnel des professions de l’automobile). En faisant une projection sur 5 ans, et en se basant sur des immatriculations annuelles de 2 millions de véhicules, le Gipa a calculé que le segment des véhicules de 0 à 4 ans va progressivement diminuer tandis que tous les véhicules de plus de 5 ans pèseront plus dans le parc en 2016. Et ceux âgés de 10 ans vont représenter 36,70% des véhicules roulant contre 34,90% actuellement. Du business pour les pièces. D’autant que les petits modèles sortent traditionnellement plus vite que les autres du réseau constructeur, que ceux sortis du parc roulaient à l’essence et ont été remplacés par d’autres qu’ils roulent toujours à l’essence…et là encore ils sortent plus vite des réseaux de marques pour rejoindre les ateliers des indépendants.

 

 

Les petits garages ont la côte

Proximité, accueil et services, tel est le triptyque habituel des automobilistes dans leur quête du garage idéal. Un quatrième facteur vient s’ajouter – crise oblige – à cette quête et celui-là bouleverse la donne : le budget consenti pour l’entretien. « En 2009, 6  % des consommateurs nous ont dit vouloir baisser leur budget entretien. Fin 2010, ils étaient 18 %, soit trois fois plus », révèle le Gipa. Un seuil psychologique a certainement été atteint, pour un français qui roule moins mais dont la voiture coûte plus chère à l’usure avec un poste entretien (pour une Clio) qui a gonflé de 2,8 % entre 2009 et 2010. L’Automobile Club pointe du doigt la flambée « non justifiée » de 38 % du prix des pièces et de 73 % de la main d'œuvre sur 13 ans ! D’où certainement des petits garages et des centres autos qui ont la côte auprès du consommateur. Ce sont en effet les deux seuls canaux à gagner des parts de marché en nombre d’entrées ateliers. « Mais attention, la compétition reste plus ouverte que jamais entre tous les acteurs. Le MRA va devoir lui aussi anticiper les besoins et les évolutions de comportement de son client » note le Gipa.

 

 

La riposte des réseaux constructeurs

On n’est pas si cher que l’on veut bien le dire. Tel est l’argument phare des constructeurs en matière d’entretien et de réparation. Leurs réseaux bataillent pour conserver leurs parts de marché historique sur les véhicules récents… mais lorgnent tous du côté des 5 ans et plus. Un marché qui leur échappe totalement. Or, si l’on s’appuie sur les tendances imaginées par le Gipa, ils devraient également perdre du terrain sur les récents. La bataille fait déjà rage sur les forfaits : les prix serrés sont devenus légions chez Renault qui utilise la manne de ses pièces Motrio pour son réseau primaire. Dacia fait encore plus fort en s’attaquant carrément à l’espacement des visites en atelier : désormais dans le contrat d’entretien d’un modèle Dacia, il est indiqué que la première visite doit avoir lieu au bout d’un an ou à 20 000 km, au lieu de deux ans et 30 000 km. Les vidanges sont réalisées avec des huiles adaptées. La facture du client est également adaptée : 100 euros au lieu de 150 habituellement.

 

La parade des indépendants

Diversification, approche Internet, adaptation du coût horaire et communication nationale… les enseignes indépendantes boostent leurs adhérents par tous les moyens. Les indépendants proposent des diagnostics gratuits personnalisés, des forfaits adaptés, de la vente VO, marché de niche mais source de profit à long terme dans la fidélisation du client ; ils deviennent stations de montage de pneumatiques ou de pièces achetées en ligne,  se forment à la réparation des véhicules électriques et/ou hybrides, proposent leurs MDD (20 % par rapport au tarif des pièces d’origine). Les solutions  sont légions pour parer l’offensive des réseaux de marque. D’autant que tous ont décidé de surfer sur le nouveau règlement - qui stipule que le consommateur ne perd pas sa garantie s’il se rend ailleurs que chez son concessionnaire - ce n’est que du bonheur. « 66% des propriétaires d’un véhicule ayant entre 0 et 2 ans pensent encore qu’ils perdent la garantie. Mais lorsqu’ils sont informés de la possibilité d’aller ailleurs, sans mauvaise surprise, le réseau constructeur perd 13 points de fréquentation », indique le Gipa. Encore faut-il pour cela que les réparateurs indépendants le sachent eux-mêmes : le Gipa souligne en effet que 45 % des réparateurs – sans enseigne - interrogés ne prennent pas en charge pour une révision un véhicule sous garantie.

 

 

 Repères

D’ici 5 ans, tous les segments d’âges auront vieillis (les 5 à 9 ans devraient passer de 30,9 % cette année à 31,3 % en 2016). Une manne pour l’indépendant. Autre phénomène, les petits véhicules, majoritairement acquis avec la prime à la casse, sortent encore plus vite que d’habitude des réseaux constructeurs.

Citroën a vendu via la prime 122 600 véhicules, Renault 115 300 unités et Peugeot 101 500 unités.

Rouler moins donc dépenser moins, les français sont 18% à vouloir diminuer le poste entretien dans leur budget automobile.   

1,6 C’est la progression en pourcentage du parc entre 2009 et 2011, contre à peine 1 % sans l’effet de la prime.

 

1,154 C’est le nombre en million de VP envoyés à la casse, soit près de 4 % des voitures immatriculées.

 

4,8% C’est la progression du marché des plaquettes de freins d’ici 5 ans, sur les véhicules entre 10 et  15 ans.




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