Sous l’impulsion du CNPA, la pièce de réemploi vient d’être intégrée dans la version 5 du référentiel sur le traitement et la valorisation des VHU et de leurs composants (RE/DEM/05). Une étape décisive dans son déploiement chez les réparateurs, les assureurs et les automobilistes, ainsi que les centres VHU certifiés Qualicert. Car pour ces derniers, le référentiel prévoit un processus exigeant en termes de traçabilité des pièces, contrôles et garanties de ces dernières. Ils seront les garants en amont de l’identification des pièces de réemploi (via un numéro d’ordre lors du démontage) et les garantiront 3 mois. Ils consolideront ainsi leur business. La traçabilité est, pour l’instant, limitée à 38 pièces de robe (pare-choc, clignotant, rétroviseur, aile, hayon…). Près de 250 centres VHU sont déjà certifiées pour intégrer cette nouvelle donne. « Nous nous donnons une année pour atteindre les 350 (via l’organisme de certification SGS). Fin 2012, nous devrions en compter 500 » lance Patrick Poincelet, le président de la branche Recycleur du CNPA. La pièce de réemploi représente un milliard d’euros sur le marché de la réparation en France (50% en pièces mécaniques, 30 % en accessoires, 20% en pièces de robe). « Notre objectif est de doubler ce résultat dans 10 ans ». La pièce de réemploi est un vrai tremplin économique pour la filière, et « une vraie alternative à la pièce neuve d’origine constructeurs. Elle se justifie amplement sur les véhicules âgés, dès leur 6e année ». Ce dernier n’hésite pas à parler de révolution dans le garage et de « réparateur nouvelle génération ». Il s’appuie notamment sur les tests actuels effectués chez certains. « Plus aucun ne souhaite cesser son utilisation. La pièce de réemploi assure la préservation des marges ».
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Quelques actions pilotes chez les assureurs
Côté assureurs et experts, on se penche également – seulement ? - sur le phénomène avec intérêt. Depuis 2009, un décret permet déjà aux experts de chiffrer leurs devis pour les véhicules endommagés, avec des pièces de réemploi. Aujourd’hui, certains assureurs prônent son usage et mettent pour cela des actions concrètes en place. « Dans la région Rhône-Alpes, par exemple, la Macif fait cadeau de la franchise au client qui accepte que son véhicule soit réparé avec ce type de pièces ». Globalement, son prix est inférieur de 50% au prix du neuf. « Les statistiques montrent que 80% des automobilistes sont prêts à utiliser la pièce de réemploi plutôt que des pièces neuves. Un gain économique certain». La pièce de réemploi semble enfin dans l’ère du temps. « Et ne parlons plus de pièces d’occasion, cette ère est révolue ! », conclut Francis Davoust, Vice-Président national délégué du CNPA.