Oui au transport multimodal, mais pas question de condamner la route. En substance, c’est le message de la Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle qui est très remontée sur le Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT) élaboré dans le cadre du Grenelle de l’environnement et qui fixe l’objectif de faire monter le transport de marchandises non-routier (fret ferroviaire, fluvial et maritime) de 14 à 25 % à l’horizon 2022, afin de réduire les émissions du transport de 20 % en 10 ans. Et dans ce cadre si des investissements ont été prévus, rien pour les infrastructures routières. « Le problème de ce document est qu’il oppose les modes de transports au détriment de la route, alors que tous ce justifient », s’insurge Thierry Archambault, président délégué de la CSIAM. Et ce en niant la réalité du transport et le bon sens économique. « Pour augmenter le fret maritime ou ferroviaire de 1 %, il faudrait augmenter de 10 % les capacités. Or, la création d’une ligne ferroviaire représente une dépense de 26 M€ par kilomètre, contre 10 M€ du km pour une autoroute. Sans parler des coûts de fonctionnement. Le train coûte à la collectivité, alors que la route rapporte 2,5 fois ce qu’elle coûte », poursuit-il. Si les constructeurs ne nient pas les problèmes de congestion des routes et intègrent l’objectif des réductions des émissions polluantes, ils estiment que les camions 44 tonnes représentent une solution intéressante. « Sauf qu’aujourd’hui, la population la rejette ».
Reste que dire non à la route, c’est dire non à la croissance. Via l’URF (Union routière Française), la CSIAM a réussi à faire passer le message auprès des pouvoirs publics qui va légèrement réviser sa position. Le SNIT devrait donc mieux prendre en compte le poids du transport routier, objectiver et chiffrer la dimension économique que chaque moyen de transport avec l’objectif de déboucher sur un observatoire. Et enfin, le SNIT qui est censé organiser la vie des transports pour les 20 prochaines années pourrait être réajusté à chaque législature.