"Il aura fallu 18 ans de patience pour atteindre mon objectif", s'exclame Pierre Perez, le président fondateur d'A+ Glass. Le réseau spécialisé dans le vitrage, créé en 1992, compte en effet, depuis quelques jours à peine, 300 centres à son actif (106 font de la pose mobile). Pierre Perez, avec sa verve habituelle, profite de l'évènement pour livrer son bilan annuel, ponctué de quelques éclats dont il a le secret. Sur un marché du remplacement estimé à 2,7 millions de pare-brise et 700 000 glaces latérales, A+Glass a réalisé un chiffre d'affaires de 73 millions d'euros (contre 65 millions lors de l'exercice précédent, du 1er septembre au 31 août). Sur cette période, le réseau a subi une baisse d'activité en remplacement sur les lunettes arrières (de 4,9 à 3,8%), les optiques (de 6,1 à 5,8%), et le pare-brise (de 68,1 à 67,5%). En revanche, les chocs multiples ont augmenté (de 9 à 10,7%), ainsi que les glaces latérales (11,90 à 12,20%). Le nombre d'interventions enregistré est de 249 606 au total, soit +4% en volume. Le taux de réparation est resté stable à 27 %.
Le président estime la part de marché d'A+Glass à 8%. Selon lui, celles de ses concurrents seraient les suivantes : 8% pour France Pare Brise, 6 à 7% pour Mondial Pare Brise, 1,5% pour Speedy Glass et Norauto Glass, 40% pour Carglass et 35% pour les constructeurs. "Ces derniers ne peuvent atteindre les 40%, car ils vendent plus qu'ils ne réparent", indique-t-il.
Trop de communication tue la communication ?
A noter, la hausse du coût moyen d'intervention, qui est passée de 270 euros à 292 euros. En cause, l'augmentation des surfaces vitrées - les toits panoramiques par exemple- la hausse du prix des pièces et surtout les épisodes climatiques (tempête, grêle... ), qualifiés de "hausses conjoncturelles" par les assureurs. Les conséquences de ces évènements naturels, et qui tendent à devenir récurrents, sont immédiatement répercutées par les compagnies d'assurances. Enfin, il semble que la position monopolistique de Carglass et sa communication massive ait également une incidence sur la hausse des coûts. En clair, les autres réseaux doivent s'aligner sur les prestations et les tarifs pratiqués par ce dernier. "Une situation dénoncée par les assureurs aujourd'hui, souligne Pierre Perez. Mais comment peuvent-ils reculer après l'avoir laissé faire pendant des années". Difficile de tuer ce que l'on a créé, en effet.